Partage Personnel 


Création d'un mandala de sable
Création d'un mandala de sable

ATTENTES... 

 

Un été pas comme les autres

 

Cet été qui n’en finit pas de ne pas arriver m’a permis de réfléchir sur mes attentes.  Mon mari dit souvent que «expectations invariably lead to disappointment», (toute attente mène invariablement à une déception). Oui, bien évidemment, je le sais. Malgré tout, depuis Juin, je m’attendais à la symphonie de plaisirs qu’amène avec lui un été digne de ce nom : chaudes soirées interminables sous le patio, envies de salades, chapeaux de paille, melons sucrés, plaisir de marcher pieds nus, pique-niques dans l’herbe… l’été quoi !

 

Pousser la réflexion plus loin

 

Et puis, je me suis mise à penser à tous les domaines de ma vie par rapport auxquels, malgré tout ce que je sais, je continue à avoir des attentes.  Je m’attends à ce que la lumière s’allume lorsque j’appuie sur l’interrupteur, à ce que l’eau devienne chaude à la demande, à ce que l’obscurité de la nuit vienne, suivie de la lumière du jour. Je m’attends à avoir un appel de mon mari chaque jour lorsqu’il est en déplacement, à pouvoir surfer sur la toile à tout moment, à trouver ce dont j’ai besoin dans les magasins lorsque je vais faire des courses, à pouvoir remplir le réservoir de ma voiture lorsqu’il est vide. Et, même si je sais bien que le nombre de nos respirations à tous est compté, je m’attends à ce que mes proches répondent au téléphone lorsque je les appelle, et chaque matin, lorsque je me réveille, je m’attends à être vivante et à ce que mon mari respire tranquillement, près de moi, encore endormi. 

 

Et j’ai vu la fragilité de tout cela. J’ai perçu une partie de la profondeur de l’illusion dans laquelle je vivais. J’ai pensé que tout cela pouvait basculer en très peu de temps, et surtout, à quel point je prenais bien des choses pour acquises, sans juste appréciation de leur réelle valeur.  

 

Alors, aux moindres rayons de soleil qui restent un peu, je vais dehors et je les laisse réchauffer mes pieds nus et ma peau. Je remercie l’eau chaude, l’électricité, la toile qui rassasie à loisir ma curiosité de gémeaux. Ma voix est encore plus enjouée lorsque mon mari m’appelle de l'autre côté de l'océan, je rends grâce pour l’essence qui me permet de me déplacer à ma guise, pour les rayons des magasins remplis des marchandises dont j’ai besoin, pour la vie qui m’habite encore, un jour de plus, moi et ceux que j’aime…

 

Du côté de Bouddha


Et tout naturellement, je me remets dans le moment présent. Dans ce qui est là, maintenant, et qui peut-être ne sera plus là demain…

 

Les bouddhistes disent que nos attentes sont la source de bien des souffrances. Ils ont une façon merveilleuse de symboliser ce qu'ils nomment "l'impermanence", l'un des fondements de leurs croyances. A l'occasion de certaines cérémonies officielles, quelques moines créent un somptueux mandala à l'aide de sables de marbre pilé et coloré. Lors de la cérémonie, les sables sont dispersés, représentant le côté éphémère de toute chose, puis bénis, afin de rendre grâce à ce que nous avons reçu. 

Ils sont alors réunis et glissés dans un vase puis versés dans un cours d’eau pour symboliser le recommencement qui s’inscrit dans l’impermanence : la causalité.

 

Voilà une bien jolie façon de rendre grâce et de réaliser, symboliquement, et à un niveau plus profond, que la vie est précieuse et surtout, que la vie... c'est maintenant.